Feuille de route législative visant la dignité pour tous

Un message de la présidente de l’ACTS, Jan Christianson-Wood

En 1989, la Chambre des communes a adopté une ambitieuse résolution visant à éliminer la pauvreté chez les enfants canadiens d’ici l’an 2000. Malheureusement, aucun gouvernement fédéral n’avait fait preuve d’un semblant de détermination pour atteindre cet objectif pourtant réalisable.

C’était hier.

En présentant le projet de loi C-87, Loi sur la réduction de la pauvreté, le gouvernement du Canada a, pour la première fois de l’histoire de notre pays, inscrit la réduction de la pauvreté dans la loi. Il a aussi établi un seuil de pauvreté officiel.

Bien que cette loi ne s’accompagne pas de nouveaux crédits fédéraux immédiats pour aider plus de Canadiens à se sortir du piège de la pauvreté, le gouvernement a présenté une feuille de route législative qui pourrait ouvrir la voie à la dignité pour tous.

Pour sa part, l’ACTS a participé activement à la campagne Dignity for All qui, depuis son lancement en 2009, réclame un plan national d’élimination de la pauvreté.

Le gouvernement conservateur a délibérément défié ce mouvement en 2012 lorsqu’il a éliminé le Conseil national du bien-être social. Dignity for All n’a cessé depuis d’appeler à la remise sur pied du Conseil, et nous sommes heureux de constater que la nouvelle loi lui donne raison.

Comme il se doit, cette nouvelle loi suscitera beaucoup de débats, à savoir entre autres si la méthode proposée pour mesurer la pauvreté est juste. Restera aussi à voir si le Conseil compte suffisamment de personnes ayant une expérience pertinente. Malgré les préoccupations légitimes au sujet des prochaines étapes et de la responsabilité du gouvernement, nous devons prendre un moment pour apprécier le chemin parcouru.

Il y a dix ans à peine, une stratégie fédérale de réduction de la pauvreté imposée par voie législative semblait impossible.

Une stratégie nationale coordonnée en matière de logement semblait tout aussi inatteignable.

Des crédits supplémentaires de 5 milliards de dollars consacrés à la santé mentale et de 6 milliards de dollars échelonnés sur 10 ans pour les soins à domicile semblaient également hors de portée.

Toutes ces mesures ont été mises de l’avant par des défenseurs comme les travailleuses et travailleurs sociaux ainsi que leurs alliés dans la lutte pour un monde plus digne pour nous tous.

Par conséquent, même si la Loi sur la réduction de la pauvreté n’est pas une panacée. Beaucoup reste à faire. Nous espérons donc que cette loi changera vraiment les schèmes de pensée. La pauvreté est bien réelle. Ensemble, nous pouvons réaliser l’engagement pris en 1989 de tirer tous les enfants canadiens de la pauvreté.