L’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux formule des recommandations pour procurer plus de sûreté aux travailleuses et travailleurs du sexe canadiens

Le 28 août 2019 — Aujourd’hui, l’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS) publie Décriminalisation, stratégies de sortie et déterminants sociaux de la santé : une approche en trois volets pour la santé, la sécurité et la dignité des travailleuses et travailleurs du sexe. Comme l’indique ce titre, le document adopte une approche holistique pour créer un Canada meilleur pour les travailleuses et travailleurs du sexe. Cette approche comporte diverses tactiques, dont celle de décriminaliser complètement le travail sexuel consensuel entre adultes.

« Lorsque le gouvernement fédéral a présenté une nouvelle loi régissant le travail sexuel en 2014, celle-ci était censée mettre fin à la demande et accroître la sécurité », a commencé le président de l’ACTS, Jan Christianson-Wood, « mais les preuves provenant du pays et de l’étranger, les recommandations des groupes de défense et, surtout, les témoignages des travailleuses et travailleurs du sexe eux-mêmes indiquent toutes que la criminalisation du travail sexuel le pousse davantage dans la clandestinité, rendant celui-ci plus dangereux ».

Il importe de noter que dans Décriminalisation, stratégies de sortie et déterminants sociaux de la santé, l’ACTS propose de décriminaliser le travail sexuel consensuel entre adultes, mais condamne avec véhémence les pratiques impliquant des mineurs ou des victimes de la traite. Cela dit, bien que le présent document porte spécifiquement sur le travail du sexe, les recommandations proposées visent également à aborder les questions de la traite des personnes, du travail sexuel non volontaire et de toute autre forme de coercition.

Pour que la décriminalisation soit efficace dans la création d’un Canada plus sûr et plus sain — et dans la réduction du nombre de personnes involontaires, mineures et victimes de la traite qui se livrent à la vente de services sexuels — elle doit, du point de vue de l’ACTS, être accompagnée de fonds et de services solides pour faciliter la transition des personnes qui souhaitent quitter le travail sexuel et d’investissements plus importants dans les facteurs sociaux de la santé.

Du point de vue de l’ACTS, les mêmes politiques qui amélioreront la sécurité, la santé et la dignité des travailleuses et travailleurs du sexe contribueront également à créer le genre de société dans laquelle les gens bénéficient d’un soutien solide — une société où les mineurs et les adultes sont mieux protégés contre la traite, la contrainte et le travail sexuel de survie.

« Enfin, il n’est pas pertinent de savoir si l’ACTS a une position sur le travail du sexe lui-même. Alors que de nombreuses travailleuses et travailleurs sexuels rapportent des expériences négatives, d’autres font état d’un sentiment d’autonomie : il y a de fortes perspectives des deux côtés, a déclaré Mme Christianson-Wood. Plus pragmatique que philosophique, notre document propose des options stratégiques et législatives qui assureront la sécurité, la dignité et des résultats sociaux et sanitaires positifs pour les Canadiennes et les Canadiens.

Dans cet énoncé de position, l’ACTS recommande une approche à trois volets pour accroître la sécurité, la santé et le bien-être des travailleuses et travailleurs sexuels : la décriminalisation du travail sexuel consensuel des adultes, un nouveau bureau pour financer et gérer les programmes de stratégies de sortie pour les travailleuses et travailleurs sexuels, et des recommandations pour renforcer de façon robuste les déterminants sociaux de la santé. Cliquez ici pour lire la version intégrale du document.