Lettre au Ministre Goodale au sujet du SSPT

 

Le 20 septembre 2017

L'honorable Ralph Goodale
Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile
Chambre des Communes
Ottawa, Ontario
K1A 0A6

 

Monsieur le Ministre, 

 

Au nom de l'Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS), je vous écris pour faire ressortir l'importance d'inclure les travailleurs sociaux dans toutes les études et initiatives futures ayant trait aux premiers répondants et aux agents de sécurité publique ainsi que de l'incidence du stress du stress post-traumatique (SSPT).

L’ACTS est très heureuse de constater que votre mandat inclut la mise en place d’une stratégie nationale relative au SSPT et, à la lumière de la récente étude nationale, Mental Disorder Symptoms among Public Safety Personnel in Canada, qui confirme les incidences négatives sur les premiers intervenants au Canada, il s’impose que votre gouvernement fasse preuve de leadership pour définir la portée des études et des lois futures.

À ce chapitre, l’ACTS s’inquiète de l’absence d’une définition claire des catégories relatives aux agents de sécurité publique et de protection civile. En effet, selon Mental Disorder Symptoms among Public Safety Personnel in Canada, le personnel de sécurité publique (PSP) « inclut, sans s’y limiter, des travailleurs correctionnels (dans des rôles afférents à la sécurité ou autres), des répartiteurs, des pompiers, du personnel paramédical et des agents de police.» On comprend manifestement que ce titre peut s’appliquer à divers rôles et occupations. Une définition de la portée de ces titres est essentielle pour assurer que les Canadiens à risque seront protégés du processus onéreux d’avoir à démontrer que leur condition résulte d’un traumatisme subi au travail.

Mettons les choses en contexte en lien avec notre profession : les travailleurs sociaux sont couramment exposés à des traumatismes potentiels dans le cadre de leur travail dans les secteurs de la santé mentale, du bien-être et de la protection des enfants, en milieu hospitalier et d’autres secteurs communautaires. En outre, il existe une demande accrue pour des habiletés de travailleurs sociaux au cours des interventions policières d’urgence attribuables à la fréquence des appels liés à des problèmes de santé mentale.

De fait, les travailleurs sociaux sont souvent les premiers à intervenir et à enquêter sur des situations d’abus physiques, sexuels et psychologiques extrêmes. Dans de telles circonstances, les travailleurs sociaux sont souvent appelés à réaliser des enquêtes d’urgence, dans bien des cas sans être accompagnés de forces de l’ordre. Conséquemment, les travailleurs sociaux sont souvent témoins des gestes les plus haineux que les humains s’imposent à eux-mêmes et entre eux, étant de ce fait exposés à traumatismes tant chroniques qu’aigus liés au fait d’avoir à composer constamment avec les traumatismes d’autrui.

L’ACTS désire formuler deux recommandations concrètes à ce chapitre :

1)      Que soient effectuées plus d’études au niveau national afin d’avoir une meilleure compréhension de la portée plus large des occupations affectées par les traumatismes liés au stress opérationnel, qui inclut le SSPT, dans le but de mieux protéger l’ensemble des Canadiens. L’ACTS réclame que l’on procède à plus d’études sur les domaines particuliers du travail social à risque d’être affectés par les traumatismes liés au stress opérationnel, dans le but soit de les incorporer dans la stratégie nationale proposée ou d’enquêter sur la possibilité d’inclure une catégorie constituée de certaines occupations en santé ou en services sociaux.

2)      Il s’impose d’adopter un cadre qui améliorera la capacité de suivre de près le SSPT et tous les traumatismes liés au stress opérationnel; d’établir des lignes directrices en matière de diagnostic, de traitement et de gestion; de produire du matériel didactique à l’intention des fournisseurs de santé publique.

Encore une fois, au nom de la fédération de l’ACTS, nous anticipons avec plaisir de soutenir votre bureau dans l’élaboration d’une stratégie nationale pour s’attaquer au SSPT, une stratégie que fera une place aux travailleurs sociaux.

Veuillez agréer l’expression de nos sentiments respectueux.

 

Jan Christianson-Wood, M.Serv.Soc., TSI

Présidente, ACTS