Janine Granchelli, TSI

 

Article rédigé par Suzanne McKenna, TSI (retraitée) et des collègues de Janine à l’unité de soins de longue durée

Le 31 décembre 2013, la profession du travail social au Nouveau-Brunswick et au Canada a perdu l’une des nôtres, Janine Granchelli. Janine a commencé sa carrière au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, mais elle a bientôt déménagé à Moncton, où elle a été recrutée par le ministère du Développement social. Elle travaillait toujours au sein du ministère au moment de son décès, mais elle avait annoncé qu’elle avait l’intention de prendre sa retraite en 2014.

Texte fourni par les collègues de Janine à l’unité de soins de longue durée :
La carrière de Janine en tant que travailleuse sociale s’est étendue sur 38 ans, dont 26 au sein du ministère du Développement social. Pendant ces 26 ans, elle a travaillé en Protection de l’enfance, en Garde des jeunes enfants, en tant que coordonnatrice des établissements résidentiels pour adultes, ainsi que dans les programmes de soins de longue durée et de soutien aux handicaps. Son travail était axé surtout sur la clientèle, et elle a travaillé sans relâche afin d’assurer à la clientèle les meilleurs services possible. Elle était une collègue précieuse qui était toujours prête à donner un coup de main et qui s’intéressait à nous et à nos familles. Elle était une grande organisatrice. Elle manquera énormément à tous ses collègues et clients.

De nombreux termes pourraient être utilisés pour décrire Janine. En voici seulement quelques-uns :

Les termes vaillante et généreuse viennent immédiatement à l’esprit. Presque immédiatement après son arrivée au Nouveau-Brunswick, Janine a commencé à jouer un rôle auprès de l’ATSNB. Jusqu’à quelques années passées, elle a continué à y participer. Il est vrai que Janine a consacré de nombreuses heures au travail bénévole au sein de l’association. Les engagements qu’elle a pris envers l’association sont trop nombreux pour les énumérer, mais en voici quelques-uns : elle a été directrice de son chapitre à au moins deux reprises ; elle a présidé le Comité d’éducation ; elle a représenté l’association au sein du Conseil de l’Association canadienne des travailleurs sociaux pendant six ans ; elle a rempli deux mandats à titre de présidente de l’ATSNB. En outre, Janine a participé à de nombreux autres comités et projets, notamment en menant le travail à la politique sur la formation professionnelle continue, qui est toujours en vigueur, et en co-présidant avec Geneviève Forest-Allard le comité organisateur de la Conférence nationale des travailleurs sociaux, que l’association a accueillie en 2002 et qui a connu un succès retentissant.

Il serait facile de dire que, étant donné que Janine n’avait pas d’enfants, elle avait plus de temps que les autres à consacrer à son travail, mais ce ne serait pas juste, car Janine avait une famille avec laquelle elle aimait beaucoup passer son temps. Bien qu’elle ait donné de son temps de bon gré, les nombreuses fins de semaine et les nombreuses heures qu’elle a consacrées à son travail bénévole auprès de l’association ont eu un prix, sans aucun doute. On peut sans doute dire qu’elle a consacré plus de temps à l’ATSNB que n’importe quel autre bénévole de l’histoire de notre association, et c’est pour cela que nous devons à Janine de notre gratitude.

Janine était une personne humaine, engagée et dévouée : Pour elle, le travail social était plus qu’une profession ou une carrière choisie. C’était pour elle une vraie vocation. C’était l’origine de son identité et l’expression de son mode de vie, à l’intérieur et à l’extérieur du bureau. Le travail social lui permettait de mettre en pratique les valeurs qu’elle a respectées pendant toute sa vie : service à l’humanité, respect de la dignité et de la valeur inhérentes de chaque personne ; promotion de la justice sociale.

Janine faisait preuve de dévouement envers sa clientèle : Janine accordait la priorité primordiale aux clients ; les clients étaient plus importants que la paperasse et les exigences bureaucratiques. Elle a fait tout son possible afin de les aider.

Elle était une fière travailleuse sociale : Dire que Janine était une fière travailleuse sociale serait peu dire. Elle n’a jamais hésité à s’identifier comme telle.

Elle faisait preuve de professionnalisme et respectait toujours la déontologie : Janine connaissait le Code de déontologie et le respectait constamment. Elle mettait l’accent sur son rôle de travailleuse sociale professionnelle plutôt que sur celui d’une employée dans le domaine du travail social. Elle a toujours su distinguer entre les demandes du milieu de travail et ses responsabilités en tant que travailleuse sociale professionnelle. À titre de travailleuse sociale professionnelle, elle avait un sens des responsabilités envers sa profession, comme en témoigne son travail auprès de l’ATSNB. De plus, Janine a souvent supervisé les stages d’étudiants, car elle croyait qu’il était important de faire part de ses expériences et de ses connaissances et de contribuer à la formation des nouveaux membres de la profession.

Janine était compétente : À son avis, ses clients méritaient les meilleurs services possible. Par conséquent, il fallait améliorer constamment ses compétences et ses connaissances. Elle croyait fermement que, en tant que professionnels, il nous incombe de poursuivre une formation permanente.
 
Elle était une bonne organisatrice, bien organisée et fiable :  Janine était toujours prête quand elle assistait à une réunion, et la grande variété d’activités auxquelles elle a participé est la preuve qu’elle était douée pour l’organisation — on pouvait surmonter n’importe quel obstacle, selon Janine. On pouvait toujours trouver un moyen. Lorsque Janine a promis de faire quelque chose, elle le faisait — point final.

Elle était une activiste sociale : Janine a pratiqué l’action sociale avec l’effacement qui lui était propre, et parfois sans cet effacement, dans son quotidien. Si, à son avis, une modification de politique proposée ou la réduction d’un programme ou des ressources aurait des effets négatifs sur des clients, elle était toujours la première à prendre la parole.

Elle croyait fermement que l’association pouvait être la voix des travailleurs sociaux qui, en raison de leur emploi, ne pouvaient pas prendre la parole ; pendant ses mandats à titre de présidente, elle en a profité, parfois en prenant un risque elle-même, pour prendre la parole sur des questions d’injustice sociale.

Janine n’a jamais cherché la gloire — de fait, elle n’aimait pas attirer de l’attention et a toujours évité des mesures qui étaient prises en son honneur. Elle a détesté de faire prendre sa photo.

Toutefois, l’ATSNB l’a reconnue publiquement à deux reprises pendant sa carrière. En 2001, elle a remporté le Prix d’excellence national pour service exceptionnel de l’Association canadienne des travailleurs sociaux, et, en 2008, le Prix commémoratif Raoul Léger lui a été décerné en reconnaissance de sa contribution à l’ATSNB, sa promotion globale de la profession, son travail dans le domaine de l’action sociale et de la défense des droits et sa longue carrière distinguée.

Comme nous tous, Janine n’était pas parfaite. Elle était parfois entêtée, déterminée, tenace et peut-être un peu intimidante de temps en temps – les fortes personnalités peuvent avoir de tels effets sur d’autres personnes. Elle tolérait mal la bêtise, comme on dit, mais elle a aussi fait preuve de compréhension et de compassion. Elle a été très honnête — trop honnête parfois, peut-être — et elle n’hésitait jamais à exprimer son opinion. Janine nous faisait toujours savoir ce qu’elle pensait de nous. Toutefois, elle a exprimé son opinion seulement si, à son avis, elle avait un point de vue important à faire valoir.

Janine était une femme forte

- qui a constamment visé l’excellence,
- qui n’a jamais évité de travailler fort,
- qui avait de fortes croyances et opinions, mais qui pouvait faire des compromis qui s’imposaient,
- qui croyait en les gens, mais qui était aussi réaliste,
- qui a inspiré les autres,
- qui n’a pas hésité à relever des défis,
- qui ne se lassait pas de donner à tout le monde, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel, qui a touché la vie d’un grand nombre de personnes de nombreuses façons spéciales,
- qui a changé les choses et
- qui a été une travailleuse sociale exceptionnelle.

La profession du travail social au Nouveau-Brunswick et au Canada a perdu l’une de ses vedettes et l’une des nôtres. La perte de Janine a certainement laissé un vide qui ne sera pas rempli facilement.