Abolir les peines minimales obligatoires pour les infractions liées à la drogue

27 mai 2020 — L’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS) publie aujourd’hui son mémoire intitulé « Abolir les peines minimales obligatoires pour les infractions liées à la drogue». Les travailleurs sociaux de tout le Canada travaillent sans relâche pour faire face à la crise dévastatrice des opiacés, souvent entravée par la criminalisation de la consommation de substances psychotropes.

« En pleine pandémie mondiale de coronavirus, les travailleuses et travailleurs sociaux sont confrontés à deux menaces pour la santé publique en même temps, soit la crise des surdoses et le COVID-19, qui sont tous deux intensifiés par la criminalisation de la consommation de substances psychoactives au Canada », souligne Mme Jan Christianson-Wood, présidente de l’ACTS.

Bien que l’ACTS réclame depuis des années la décriminalisation de la consommation personnelle de substances psychotropes, la pandémie COVID-19 a mis en évidence l’aggravation des inégalités en matière de santé et la nécessité de prendre immédiatement des mesures audacieuses pour soutenir les plus vulnérables.

Depuis leur imposition, en 2012, les peines minimales obligatoires ont aggravé la crise des opiacés, tout en contribuant à doubler le nombre d’Autochtones incarcérés dans les prisons fédérales. De plus, le recours continu aux peines minimales obligatoires pour les infractions liées à la drogue est en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement actuel qui promettait de soutenir et de mettre en œuvre les recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation, dont celle d’abolir les peines minimales obligatoires.

« Nous demandons instamment au gouvernement du Canada de respecter son engagement de revoir les changements dans le système judiciaire, en particulier la réforme des peines et le renforcement des processus de justice réparatrice, a déclaré Mme Christianson-Wood. Nous ne pouvons pas nous sortir des crises et des pandémies par la simple intervention de la police. »

L’alternative à la criminalisation de la toxicomanie est une approche de santé publique basée sur les principes de justice sociale, de droits de l’homme et d’équité, accompagnée d’un accès équitable à des traitements fondés sur des preuves et s’attaquant aux déterminants sous-jacents de la santé.

 

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