Journée nationale de la vérité et de la réconciliation et Journée du chandail orange
Déclaration de la présidente
L’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS) souligne le 30 septembre, Journée nationale de la vérité et de la réconciliation et Journée du chandail orange. L’ACTS rend hommage aux survivantes et aux survivants des pensionnats issus des Premières Nations, des Inuit et des Métis. Elle honore la mémoire des femmes, des filles et des enfants jamais rentrés à la maison. L’ACTS pense aussi aux familles et aux communautés que les séquelles durables de la violence coloniale marquent encore.
L’ACTS le réaffirme : la réconciliation exige de mettre en œuvre avec constance trois séries d’engagements. Il y a d’abord les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Viennent ensuite les appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. S’y ajoutent enfin les engagements énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). Ensemble, ces textes exhortent les gouvernements et les institutions à s’attaquer aux répercussions persistantes du colonialisme. Ils les pressent de faire respecter les droits des peuples autochtones, leur autodétermination et leur consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause. Ils les appellent à éliminer la violence, le racisme et la discrimination. Ils leur demandent enfin de laisser les Premières Nations, les Inuit et les Métis piloter les décisions touchant leurs communautés.
La réconciliation n’a rien de symbolique. Elle exige des ressources et une reddition de comptes. Elle suppose des changements structurels. La réconciliation commande un engagement soutenu : les gouvernements et les institutions doivent tenir leurs promesses envers les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Depuis peu, le négationnisme gagne du terrain. Il nie les torts du colonialisme, jusqu’aux atrocités commises dans les pensionnats. L’ACTS se tient aux côtés des Premières Nations, des Inuit et des Métis. Elle rejette sans fléchir ces faux récits, qui éludent toute responsabilité et servent les visées du suprémacisme blanc. L’ACTS mesure le tort que de tels agissements infligent à ces peuples. Elle reconnaît aussi qu’ils perpétuent et entretiennent une violence coloniale toujours à l’œuvre, sous toutes ses formes.
L’ACTS invite les travailleuses et les travailleurs sociaux, ainsi que les organisations de travail social, à faire du 30 septembre un temps fort d’apprentissage, de réflexion et d’action. Cet engagement commence par l’écoute des survivantes, des survivants et des communautés autochtones. Il passe par la connaissance des Nations, de l’histoire et des traités de nos milieux de vie et de travail. Il demande d’examiner comment le colonialisme façonne encore les systèmes et la pratique du travail social. Il implique de soutenir les
initiatives menées par des Autochtones. Il exige enfin de promouvoir, toute l’année, une pratique antiraciste, anti-oppressive, culturellement sécuritaire et tenant compte des traumatismes.
L’ACTS poursuit ce travail avec conviction. Elle continuera de soutenir une profession de travail social au service de la vérité et de la guérison. Cette profession doit aussi servir la justice et l’autodétermination des peuples autochtones. Le Canada tire sa force des Premières Nations, des Inuit et des Métis : ne l’oublions jamais. Leurs façons d’être et de connaître doivent jeter les bases de l’avenir du pays.
Barb Whitenect, MTS, TSI
Présidente de l'ACTS