Reconnaissons les travailleuses et travailleurs sociaux comme partie intégrante du personnel de sécurité publique
Partout au Canada, des travailleurs sociaux font face aux crises quotidiennement.
Ils et elles répondent à la maltraitance des enfants, à la violence domestique, aux urgences de santé mentale, aux catastrophes et aux traumatismes communautaires, souvent au péril de leur vie. Pourtant, contrairement à d’autres professionnels qui veillent à la sécurité publique, les travailleuses et travailleurs sociaux ne sont pas reconnus dans la définition officielle du personnel de sécurité publique (PSP) du Canada.
Il est temps de corriger cette lacune.
Pourquoi est-ce important ?
Le Cadre relatif au trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les plans de soutien au personnel de sécurité publique ont été conçus pour s’assurer que ceux qui protègent les Canadiens reçoivent également une protection et des soins. Dans ce contexte, l’ACTS demande au gouvernement du Canada de réaffirmer son soutien financier au cadre national sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et d’étendre et d’augmenter le financement de l’Institut canadien de recherche et de traitement en sécurité publique (ICRTSP).
Mais les travailleuses et travailleurs sociaux, qui sont exposés aux traumatismes de la même manière que les pompiers, les policiers, les agents correctionnels et les ambulanciers, restent exclus des soutiens officiels.
Cette exclusion signifie que les travailleuses et travailleurs sociaux font face aux réalités suivantes :
- Ils et elles voient refuser l’accès aux soutiens et aux prestations se rapportant aux traumatismes liés au stress opérationnel (TSO).
- On les ignore dans la recherche et l’élaboration des politiques du personnel de la santé publique.
- Ils et elles sont sous-estimés dans la planification nationale de la sécurité publique du Canada, malgré leur rôle essentiel dans la réponse aux crises.
Reconnaître les travailleuses et travailleurs sociaux comme PSP est à la fois une question de sécurité publique et une question d’équité entre les sexes, car la plupart des travailleurs sociaux s’identifient comme des femmes. L’exclusion perpétue les préjugés sexistes systémiques et contredit les engagements du gouvernement fédéral en matière d’analyse comparative entre les sexes (ACS Plus).
Les faits sont clairs
Les travailleuses et travailleurs sociaux protègent les personnes les plus vulnérables du Canada, y compris les enfants, les personnes âgées, les personnes à risque de violence et celles qui font face à des crises de santé mentale.
Les recherches montrent que près de la moitié des travailleuses et travailleurs sociaux dans le domaine de la protection de l’enfance ont subi des menaces ou des violences au travail. Beaucoup quittent la profession en raison de traumatismes.
L’inclusion des travailleuses et travailleurs sociaux dans la définition des PSP permettra de réaliser ce qui suit :
- Renforcer la capacité d’intervention d’urgence et de santé mentale du Canada ;
- Assurer un accès équitable aux ressources de santé au travail, comme le PSPNET et les programmes d’entraide.
- Aligner la politique fédérale sur des approches fondées sur des données probantes et tenant compte des sexospécificités.
En 2025, l’ACTS a élaboré un énoncé de position qui exhorte le gouvernement du Canada à faire ce qui suit :
- Inclure formellement les travailleuses et travailleurs sociaux inscrits dans la politique et les programmes fédéraux en tant que PSP
- Appliquer l’analyse comparative entre les sexes (ACS) Plus de manière significative en s’attaquant aux inégalités entre les sexes dans les classifications PSP
- Étendre les soutiens et les prestations liés aux TSO aux travailleuses et travailleurs sociaux en résidence, à la lumière des preuves sur l’exposition aux traumatismes.
Pour en savoir plus, lisez le mémoire de l’ACTS sur la sécurité publique et le travail social.
