L’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS) publie aujourd’hui son mémoire dans le cadre de l’étude parlementaire sur la crise des opioïdes toxiques.
Deux défaillances étroitement liées minent la réponse du Canada à cette crise. Les services de santé mentale et de santé liée à l’usage de substances demeurent fragmentés et inabordables, et la possession pour usage personnel expose encore les gens à des sanctions pénales. Au nom de ses plus de 20 500 membres d’un océan à l’autre, l’ACTS exhorte le gouvernement fédéral à corriger ces deux failles par une intervention coordonnée, axée sur la santé, qui conjugue parité, décriminalisation, réduction des méfaits, traitement et soutien communautaire.
L’ACTS recommande au gouvernement fédéral de :
- décriminaliser la possession de petites quantités de substances psychoactives pour usage personnel, de concert avec les provinces, les territoires, les gouvernements autochtones et les personnes ayant une expérience vécue, passée ou présente; appuyer cette réforme par des investissements durables en réduction des méfaits, en traitement et en soutien communautaire; et accorder l’amnistie aux personnes déjà condamnées;
- inscrire dans la loi la parité en santé mentale et en santé liée à l’usage de substances, la financer de façon ciblée et stable, et en confier la reddition de comptes à un bureau fédéral voué à la santé mentale et à la santé liée à l’usage de substances.
Aucune de ces réformes ne suffit à elle seule. Des services accessibles n’effacent pas entièrement les méfaits de la criminalisation; à l’inverse, lever les sanctions pénales n’ouvre pas, à lui seul, un accès rapide au traitement, au counseling, à la réduction des méfaits ou au soutien communautaire.