Moments forts, souvenirs et événements marquants de ma présidence (2001-2005)
Préparé par Ellen Oliver
Mai 2026
En repensant à mon mandat de présidente de l’ACTS, je me souviens de la réunion que j’ai tenue avec Eugenia Moreno, directrice générale de l’ACTS, juste après mon élection. Ensemble, nous avions dressé des listes : projets prioritaires, personnes à rencontrer, provinces à visiter, dossiers internationaux et autres jalons à venir. D’autres listes se sont ajoutées au fil des années. Leurs détails m’échappent aujourd’hui. Pourtant, je garde un souvenir vif du soutien d’Eugenia, de sa sagesse, de ses conseils, de son expertise. Travailler avec elle aura été l’un des moments forts de ma présidence.
Ma présidence a connu son lot de défis, mais aussi un travail d’équipe remarquable avec le conseil d’administration, les présidentes des associations membres, leurs présidents, leurs directrices générales et leurs directeurs généraux. Ensemble, nous avons mené des discussions enrichissantes dans des débats instructifs et accompli des choses mémorables.
Répondre aux besoins des organisations membres aura été un chantier majeur de mon mandat. Concilier les besoins des grandes organisations et ceux des plus petites a soulevé de fortes tensions. Ces tensions ont nourri bien des discussions ardues, où les contraintes de notre structure fédérative ont parfois eu raison de nos meilleurs efforts. J’ai toutefois toujours cru à un engagement profond pour trouver des solutions, en misant sur la collaboration et sur le savoir-faire des travailleuses et travailleurs sociaux. Participer à cette démarche fut un véritable plaisir.
Mon mandat à la présidence a été ponctué d’événements marquants : la révision du Code d’éthique, l’adoption par le conseil d’administration de l’ACTS d’un modèle de gouvernance stratégique et l’arrivée au sein de la fédération de l’Association des travailleuses et travailleurs sociaux du Nord. J’ai eu le bonheur de prendre part à chacun d’eux. Mes voyages à Yellowknife et à Whitehorse, à la rencontre des travailleuses et travailleurs sociaux du Nord, m’ont particulièrement comblée. Le conseil d’administration a même tenu une réunion à Yellowknife. Cette présence sur le terrain nous a permis de mieux saisir les réalités de la pratique sociale dans cette région. Ces voyages resteront pour moi des moments précieux, autant pour les apprentissages et les échanges qu’ils ont suscités que pour la joie personnelle d’explorer des coins du Canada que je n’aurais sans doute jamais découverts autrement.
Mon rôle de présidente m’a aussi ouvert les portes de la scène internationale. Les réunions et les projets de la Fédération internationale des travailleurs sociaux m’ont offert un véritable tour d’horizon de la profession à l’échelle mondiale. L’une de ces rencontres s’est tenue en Australie, un autre coin de la planète que je n’aurais jamais cru visiter. J’y ai découvert la réalité du travail social ailleurs, notamment en Colombie, où les travailleuses et travailleurs sociaux composent au quotidien avec la violence des gangs et de la drogue. Je me rappelle aussi avoir mesuré les difficultés des travailleuses et travailleurs sociaux australiens à répondre adéquatement aux besoins des populations aborigènes. Une évidence s’est imposée : entre nos pays, les différences côtoient les similitudes, et chacun a beaucoup à apprendre des autres.
Le rapprochement avec la NASW américaine était amorcé avant mon mandat, mais j’ai eu l’immense privilège de poursuivre ce travail et de signer un protocole d’accord entre l’ACTS et la NASW. Ce document a balisé notre collaboration : partage d’information et de ressources, projets conjoints, échanges suivis. Tisser ces liens plus étroits a exigé plusieurs réunions avec des membres du conseil d’administration de la NASW, sa directrice exécutive et d’autres responsables. De ces rencontres, je retiens surtout la chaleur de l’accueil et la générosité de nos collègues américaines.
De ma collaboration avec la NASW, je garde un souvenir particulièrement marquant : ma participation à une journée du travail social à l’ONU. J’ai eu la chance de siéger au panel de présentation. C’était, je crois, la première fois que l’ACTS occupait une place aussi visible lors de cet événement. Me retrouver dans le bâtiment de l’ONU à New York m’a tout simplement émerveillée. Une petite fille ayant grandi dans une communauté de quarante personnes à Terre-Neuve n’aurait jamais osé rêver pareille expérience. Après notre présentation, nous nous sommes rendus à la salle à manger des délégués, où nous avons partagé un repas avec des collègues venus des quatre coins du monde. Cette salle réservait un autre point fort : un comptoir de crème glacée en libre-service. J’en ai été ravie, car j’adore la crème glacée.
Je me souviens d’avoir conclu mon exposé lors de la Journée du travail social par cette phrase : « Nous n’avons pas besoin d’être puissants pour être utiles. » Cette remarque visait des enjeux politiques précis qui touchaient alors le monde et notre profession. Avec le recul, je constate que le travail social n’a jamais cherché à exercer un pouvoir sur les personnes ; il s’efforce plutôt d’être utile par la collaboration, la coopération et le soutien à l’autonomie. Je suis reconnaissante d’avoir pu jouer un rôle au sein de l’ACTS. Ce rôle a enrichi mon travail d’enseignement et de mentorat, et m’a permis de mettre en lumière les nombreuses facettes utiles de la profession de travailleuse et travailleur social.