Le Travailleur social — nouveau balado national de l’ACTS — donne la parole aux personnes, aux histoires et aux mouvements qui façonnent le travail social au Canada. 

Des organisatrices aux défenderesses, des intervenantes de première ligne aux leaders de demain — chaque épisode donne la parole à celles et ceux qui façonnent le travail social au Canada, son passé, son présent et son avenir. 

Il s’agit d’un espace de vérité, de réflexion, d’inspiration et de conversations audacieuses sur notre orientation.

Prochains Diffusions :

Le travailleur social - entretien avec Erin Beckwell, BTS, M.Serv.Soc., TSI 

Erin est une travailleuse sociale, une consultante et une éducatrice de longue date. Militante passionnée, elle défend des communautés et des organisations où chaque personne peut se sentir en sécurité, connectée et aussi bien que possible. Erin relève avec enthousiasme un défi : celui de trouver des moyens créatifs de partager des savoirs et des récits, de se soutenir mutuellement et d’offrir des soins compatissants. Élevée dans une ferme du territoire visé par le Traité 4, dans le sud-ouest de la Saskatchewan, Erin habite depuis plus de vingt ans le territoire visé par le Traité 6 et la patrie des Métis (Saskatoon) avec son épouse et leurs compagnons à fourrure.

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Le travailleur social - entretien avec Julia Falzarano, M.Serv.Soc., TSI

Julia Falzarano

Julia Falzarano est une travailleuse sociale inscrite dévouée, fondatrice de Willow Tree Wellness & Psychotherapy. Forte de plus d’une décennie d’expérience clinique, Julia offre une thérapie compatissante et fondée sur des données probantes aux enfants, aux adolescentes et adolescents, aux adultes et aux familles de l’Ontario. Sa spécialisation : le deuil, la perte et les transitions de vie. Julia a d’abord exercé en développement pédiatrique et en santé communautaire. Elle a contribué à la recherche longitudinale sur le bien-être des enfants avant de se consacrer aux soins thérapeutiques. Ses propres expériences de perte ont ensuite aiguisé son engagement envers des soins éclairés par le deuil, une valeur directrice tissée dans toutes les facettes de sa pratique.

Julia intègre un éventail d’approches : thérapie cognitivo-comportementale (TCC), thérapie d’acceptation et d’engagement (TAE), thérapie centrée sur les émotions (TCE), thérapie narrative, soins tenant compte des traumatismes, art-thérapie et modalités fondées sur le jeu. Elle adapte chaque séance à la réalité vécue, au rythme et aux besoins de la personne. Julia croit que la guérison commence par la connexion. Elle aide un enfant à trouver un vocabulaire émotionnel, elle soutient une ou un adolescent en deuil, elle accompagne un adulte confronté à des enjeux d’identité : chaque fois, elle offre un espace chaleureux, axé sur les forces, où les gens se sentent vus, entendus et soutenus. Julia organise aussi chaque mois des ateliers communautaires gratuits sur les compétences sociales, la régulation émotionnelle, le deuil et le renforcement de la confiance.

Julia trouve l’équilibre et l’ancrage en dehors de la thérapie. Elle court des semi-marathons, jardine, tient un journal ou se blottit avec un bon livre et avec son chien. 

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Le travailleur social - entretien avec Karen Lok Yi Wong, TSI

Karen Lok Yi Wong

Karen Lok Yi Wong est une travailleuse sociale inscrite dotée d’une vaste expérience en services communautaires pour personnes âgées, en soins de longue durée et en soins gériatriques de courte durée. Bénévole de longue date, Karen s’investit auprès d’organisations soutenant les personnes âgées et celles atteintes de démence. Sa profession a salué ses contributions : elle a reçu le prix du travailleur social inspirant de l’année de l’Association des travailleurs sociaux de la Colombie-Britannique (2021) et le prix pour service distingué de l’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (2023). Une reconnaissance amplement méritée.

Karen a obtenu son doctorat en travail social à l’Université de la Colombie-Britannique. Ses recherches portent sur l’expérience vécue de la démence, les soins familiaux transnationaux, les systèmes et politiques de soins aux personnes âgées, les inégalités racialisées, le vieillissement et la technologie, ainsi que les méthodologies qualitatives et participatives. Son travail doctoral, éclairé par l’ethnographie institutionnelle, explore comment les forces structurelles, notamment le racisme, façonnent l’accès aux soutiens formels à la démence au sein des communautés chinoises de Vancouver. Elle a aussi contribué à des initiatives nationales de recherche sur les transitions de soins en démence, la stigmatisation dans les communautés chinoises et le travail social gérontologique anti-oppressif. Un parcours académique remarquable.

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Le travailleur social - entretien avec Marie-Michèle Doiron et Gaëlle Troude de l’Association québécoise des travailleuses sociales et travailleurs sociaux (AQTS) Gaelle TroudeMarie-Michèle Doiron

Dans le cadre du centenaire, nous recevons Gaëlle Troude et Marie-Michele Doiron, fondatrices et membres de l’Association québécoise des travailleuses sociales et travailleurs sociaux (AQTS) pour une discussion inspirante sur leur parcours et leur engagement envers la profession. On parle de l’évolution du travail social, la création de l’association québécoise et son lien avec l’ACTS.  Elles partagent leurs espoirs pour les 100 prochaines années, les changements nécessaires pour relever les défis de demain et un message porteur pour la relève.  Une conversation riche autour de la profession et de l’avenir du travail social.

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Le travailleur social - entretien avec Lisa Mishibinijima, TSI

Lisa Mishibinijima

Aanii, Kinew Kwe. Nintizhinikaas. Mkwa Dodem niinda’aw. M’chigeeng ndoonjibaa.

Lisa Mishibinijima porte le nom spirituel de Kinew Kwe (Femme aigle royal). Métisse de sang blanc et Anishinaabekwe du Clan de l’ours, elle appartient à la bande de la Première Nation de M’chigeeng.

Bien avant tout rôle professionnel, Lisa est d’abord attentive à ses relations. Elle est fille, sœur, mère, épouse, cousine, amie, chasseuse et aide. Ces responsabilités façonnent sa manière de se comporter dans le monde et de se présenter dans la communauté. Elles ne sont pas séparées de son travail : elles le guident. Lisa passe une grande partie de son temps à récolter et à vivre sur la terre dans les territoires traditionnels de la Première Nation Obishikokaang. La terre lui enseigne et lui rappelle qui elle est et envers qui elle est redevable.

Lisa a grandi dans une petite communauté près de Sudbury et a déménagé à Sioux Lookout en 2009, où elle a continué à vivre et à travailler en communauté. Elle a œuvré à divers titres depuis plus de vingt ans : réduction des méfaits, justice pour les jeunes, counseling, refuges, gestion et services directs de première ligne. Elle est toujours guidée par un fort sentiment de responsabilité envers son peuple et la terre.

Lisa a rejoint en 2024 le programme de lutte contre l’hépatite C de l’Autorité sanitaire des Premières Nations de Sioux Lookout, où elle continue à soutenir la guérison et le bien-être dans les communautés desservies. Elle a aussi élargi ses intérêts à la recherche et a eu la chance de collaborer avec différentes organisations pour soutenir des projets communautaires. Son approche se nourrit à la fois de son expérience vécue et de son parcours scolaire, y compris une maîtrise en travail social. Elle repose sur une conviction profonde : la terre et nos relations sont nos plus grands enseignants.

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Le travailleur social - entretien avec Jaeyell Kim, M.Serv.Soc., TSI

Jaeyell Kim

Jae (Jaeyell) est un travailleur social et psychothérapeute inscrit de Toronto. Personne de couleur, il puise dans son expérience vécue pour enrichir sa pratique. Jae soutient avec passion des clientes et clients issus de milieux culturels, raciaux et familiaux variés. Il s’engage à offrir un espace sûr, exempt de jugement et sensible aux traumatismes, où chaque personne peut se sentir vue et entendue. Un accompagnement ancré dans l’authenticité. 

Jae détient une maîtrise en travail social de l’Université de Toronto et cumule plus de quinze ans d’expérience clinique. Il a travaillé auprès des jeunes et des familles chez Lumenus Community Services, puis a assuré la supervision clinique chez CloudMD. Jae enseigne maintenant à temps plein à la School of Social and Community Services de George Brown College. Sa pratique se concentre sur l’aide aux adolescents et aux jeunes adultes traversant des transitions de vie, les enjeux d’identité, le stress et les problèmes de santé mentale.

 

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Le travailleur social - entretien avec Tyler Coulbourne

 

Jaeyell Kim

Tyler Coulbourne (il/iel) est un travailleur social, éducateur et éternel apprenant dont le parcours vers la profession a été tout sauf linéaire. Avant le travail social, Tyler a exercé plus d'une cinquantaine de métiers, notamment comme agent de bord, photographe, barman, guide de randonnée à l'international et matelot sur un grand voilier, des expériences qui continuent de façonner sa manière d'être en pratique aujourd'hui. À travers chacune d'elles courait un fil conducteur constant : un engagement envers la relationnalité, l'éducation des adultes et l'accompagnement des personnes vers le mieux-être.

Tyler détient une maîtrise en travail social de l'Université de Victoria, où iel comptait parmi un petit nombre d'étudiantes et étudiants colons apprenant aux côtés de professeur(e)s et de pairs autochtones, une expérience ancrée dans la théorie décoloniale et les savoirs autochtones qui a profondément marqué sa pratique. Son travail est fortement influencé par la décolonisation, la théorie queer et une volonté d'embrasser la complexité, le paradoxe et la nuance plutôt que de chercher des réponses simples.

Travaillant actuellement auprès d'un ordre réglementant les travailleuses et travailleurs sociaux en Nouvelle-Écosse, Tyler conçoit et anime des ateliers et des webinaires ancrés dans une pratique anti-oppressive et libératrice. Iel assume avec honnêteté la tension d'appartenir à une profession façonnée à la fois par les préjudices et par l'espoir, et demeure engagé(e) à faire progresser le travail social vers la justice, la responsabilisation, l'entraide et une solidarité concrète avec la résistance et la résurgence autochtones.

 

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Le travailleur social - entretien avec Francesca Serwaa, TSI

Francesca Serwaa

Francesca est une thérapeute en santé mentale, une éducatrice et une professionnelle de projet certifiée PMP. Elle se spécialise dans la guérison, la croissance personnelle et l’impact communautaire. Francesca soutient les personnes et les organisations par le counseling, les programmes et le développement axés sur la réinsertion. Lui tiennent particulièrement à cœur les communautés noires, les personnes touchées par le système judiciaire et celles traversant des transitions de vie. 

Francesca dessert fièrement sa clientèle dans toute la région du Grand Toronto. Elle aime cuisiner, voyager et faire du Pilates en dehors de ses heures de travail. 

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Le travailleur social - entretien avec Sophia Thomas, M.Serv.Soc., TSI

Sophia Thomas

Sophia est inscrite à la Saskatchewan Association of Social Workers. Elle a grandi dans les régions rurales de la Saskatchewan et habite actuellement à Yorkton. Elle a récemment défendu son mémoire de maîtrise en travail social, intitulé « Exploring Experiences of Mental Health and Well-being with Post-Secondary Students in Rural Saskatchewan » (Explorer les expériences de santé mentale et de bien-être chez les étudiantes et étudiants postsecondaires en milieu rural saskatchewanais). Instructrice certifiée de la Commission de la santé mentale du Canada pour les premiers soins en santé mentale, elle offre ce cours à de nombreuses communautés depuis 2018. Sophia est actuellement en congé de maternité de son poste de conseillère au Suncrest College et termine son premier mandat comme instructrice de session à la faculté de travail social de l’Université de Regina. Un parcours ancré dans sa communauté.

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Le travailleur social - entretien avec Alisha Stubbs, M.Serv.Soc., PhD(c)

Alisha Stubbs

Alisha est une travailleuse sociale inscrite, dirigeante d’un organisme à but non lucratif, candidate au doctorat et professeure au postsecondaire établie en Colombie-Britannique. Sa carrière témoigne d’un engagement multisectoriel à renforcer les communautés, de la pratique directe au leadership organisationnel, en passant par la gouvernance, la recherche et la fonction publique. Un parcours d’une ampleur remarquable.

Alisha cumule plus d’une décennie d’expérience de première ligne auprès des personnes et des familles. Elle allie expertise professionnelle et expérience vécue dans son travail. Sa pratique repose sur la responsabilité relationnelle, les approches d’affirmation de l’identité et un engagement profond envers la justice sociale.

Directrice exécutive dans le secteur à but non lucratif, Alisha pilote la stratégie, la gouvernance et la prestation de services dans des environnements complexes financés par des fonds publics. Elle mise sur le leadership éthique, la durabilité et la transformation des systèmes. Ancienne conseillère municipale, elle a appliqué une optique critique du travail social à la gouvernance locale, faisant progresser le plaidoyer et les droits de la personne dans les espaces décisionnels communautaires.

Alisha enseigne dans des programmes postsecondaires de travail social et de services sociaux. Elle encadre les praticiennes et praticiens émergents pour intégrer réflexion critique, sensibilisation aux politiques et compétences pratiques dans leur travail. Sa recherche doctorale porte sur le renforcement des compétences en travail social scolaire afin de mieux répondre aux besoins non scolaires des élèves autistes dans l’enseignement public.

Alisha croit que le travail social opère aux niveaux individuel, organisationnel et politique, tous secteurs confondus. Elle se passionne pour cette profession parce qu’elle est dynamique, évolutive et fondée sur une réflexion continue et un apprentissage tout au long de la vie. 

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Le travailleur social – entretien avec Madelaine Robillard

Alisha Stubbs

Madelaine Robillard est travailleuse sociale, art-thérapeute expressive et fondatrice d'un collectif de thérapie et de mieux-être en pleine croissance à Calgary. Celui-ci soutient les communautés trans, non binaires et queer, ainsi que les personnes issues des communautés kink, de la non-monogamie et du travail du sexe, trop souvent privées de services affirmatifs. Son parcours vers la profession a été tout sauf linéaire. Il l'a menée d'une décennie de gestion dans le commerce de détail et d'orientation professionnelle à une série de virages qui ont traversé un refuge pour victimes de violence conjugale, la protection de l'enfance et les politiques de santé autochtones.

Madelaine a poursuivi son diplôme, son baccalauréat et sa maîtrise clinique en travail social, parallèlement à une certification en art-thérapie expressive. Elle était animée par le désir de siéger aux tables où se prennent les décisions et de militer pour la décolonisation du domaine ainsi que la réduction des obstacles, tant pour la clientèle que pour les intervenantes et intervenants. Après avoir vécu l'épuisement professionnel dans un poste exigeant en matière de politiques, elle a fondé The Collective. Elle l'a bâti délibérément autour du partenariat communautaire, de l'autonomie des cliniciennes et cliniciens, de la réduction des méfaits et de la justice sociale, plutôt que sur la hiérarchie traditionnelle de la pratique privée.

Sa pratique est ancrée dans l'expérience vécue et dans un engagement envers l'authenticité. Elle crée des espaces où la clientèle comme les intervenant(e)s peuvent se présenter sans masque, nommer leur propre vécu et être célébré(e)s plutôt que pathologisé(e)s. Madelaine défend avec passion l'importance de connaître ses droits comme praticienne, de résister aux pratiques d'affaires prédatrices et de ne jamais sacrifier ses valeurs pour un emploi, des rappels qu'elle adresse à la prochaine génération de travailleuses et travailleurs sociaux.

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Le travailleur social –  entretien avec Mabel Lam

Alisha Stubbs

Mabel Lam (elle) est une travailleuse sociale inscrite en Alberta dont le parcours vers la profession a débuté à Hong Kong, où elle est née et a grandi et où elle a obtenu son baccalauréat en travail social. Parlant couramment trois langues, elle a immigré au Canada en 2022, à la suite de la pandémie, et a réussi à faire reconnaître ses diplômes et évaluer son inscription. Elle a ensuite partagé son cheminement et sa démarche dans des groupes Facebook et sur YouTube, afin d'aider d'autres travailleuses et travailleurs sociaux nouvellement arrivés à emprunter le même chemin.

Au cours de la dernière décennie, Mabel a acquis une vaste expérience de première ligne, dans les écoles, les organismes d'aide aux personnes nouvellement arrivées et les services aux victimes de violence conjugale. Elle y a accompagné des personnes survivantes dans la planification de leur sécurité, le soutien à la cour et les procès. Elle travaille aujourd'hui auprès du Programme d'aide aux victimes d'actes criminels du gouvernement de l'Alberta, se consacrant au versant plus discret et administratif du travail social. Elle examine les dossiers et distribue des prestations financières essentielles aux victimes d'actes criminels, avec un souci du détail qui reconnaît tout ce qui repose sur chaque lettre et chaque décision.

Mère de deux jeunes garçons, Mabel parle avec franchise du coût émotionnel de ce travail et de l'importance de l'autocompassion, de l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et du respect de sa propre humanité tout en accompagnant les autres. Elle plaide pour la création de meilleures structures de soutien pour la profession, notamment une ligne d'aide nationale anonyme où les travailleuses et travailleurs sociaux en crise pourraient demander de l'aide sans honte. Elle espère qu'à mesure que la technologie progresse, le travail social ne perdra jamais sa connexion de cœur à cœur, d'humain à humain.

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Le travailleur social — entretien avec Cindy Blackstock, Ph. D., et Andrew EckartAndrew EckartCindy Blackstock (she/her)

 

Cindy Blackstock, travailleuse sociale, cumule un doctorat en travail social et une maîtrise en jurisprudence. Elle enseigne à l’Université McGill et dirige la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations. Cet épisode s’inscrit dans la série spéciale de l’ACTS qui souligne 100 ans de travail social au Canada ; il puise dans des décennies de lutte pour l’égalité réelle des enfants des Premières Nations, portée par des batailles judiciaires marquantes en droits de la personne — dont celle qui l’a fait basculer dans l’univers des actions collectives.

Andrew Eckart, lui, exerce comme avocat salarié à la clinique indépendante d’actions collectives de la Faculté de droit de l’Université de Windsor. Lancée en 2019, première du genre, cette clinique offre gratuitement un accompagnement juridique indépendant aux membres du groupe, ceux qui, trop souvent, n’ont pas voix au chapitre à la table de négociation. Canadien de première génération élevé à Hamilton, en Ontario, Andrew est venu au droit des actions collectives en travaillant auprès de ces personnes dont les intérêts s’effacent dès qu’une entente se négocie en leur nom.

Ensemble, Cindy et Andrew explorent un terrain où la profession se trouve de plus en plus appelée sans y avoir été formée : les actions collectives qui touchent les Premières Nations, les Métis et les Inuits. Ils cartographient le territoire éthique où s’aventure la travailleuse ou le travailleur social quand l’invitation vient des avocats du groupe et que les préjudices atteignent une gravité telle que les règlements se chiffrent en milliards. Puis ils reviennent aux tensions qui ne se dénouent jamais d’elles-mêmes. Où va votre devoir quand l’indemnisation et le changement systémique s’opposent ? Que deviennent des données de recherche recueillies à une fin lorsqu’on les réclame à une autre ? Et quand le devoir premier de l’expert va au tribunal, pour qui travaille-t-il vraiment ? Leur message pour le siècle qui s’ouvre : les meilleures excuses, c’est de changer de comportement ; connaissez le terrain avant d’y mettre les pieds ; ayez le courage moral de tenir bon sur l’éthique du travail social, même quand la pression monte.

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Le travailleur social — entretien avec Cindy Blackstock, Ph.D., et Andrew Eckart Pt 2Andrew EckartCindy Blackstock (she/her)

 

Dans la deuxième partie de cette conversation, enregistrée dans le cadre de la série spéciale de l'ACTS soulignant 100 ans de travail social au Canada, la Dre Cindy Blackstock et Andrew Eckert entrent plus avant dans un espace où la profession est de plus en plus appelée : les recours collectifs touchant les Premières Nations, les Métis et les Inuit. Les travailleuses et travailleurs sociaux sont invités à fournir des recherches à l'appui de la certification, à élaborer des critères de distribution des indemnités, à conseiller sur les soutiens offerts aux membres du groupe et à témoigner à titre d'experts. C'est un travail aux enjeux bien réels et aux risques éthiques tout aussi réels.

Andrew explique ce qu'est réellement un recours collectif et soulève une question trop facilement négligée : lorsque l'invitation vient des avocats du groupe, pour qui la travailleuse ou le travailleur social travaille-t-il réellement? S'appuyant sur une affaire marquante en matière de droits de la personne et sur l'expérience de sa propre famille, Cindy nomme les quatre risques fondamentaux au cœur des normes de pratique qu'elle rédige : l'indépendance, les conflits d'intérêts, les modalités de paiement et l'intégrité de la preuve.

Ensemble, Cindy et Andrew retracent les tensions qui ne se résolvent pas d'elles-mêmes : pourquoi indemniser le passé n'est pas la même chose que changer l'avenir, ce qu'il advient des données de recherche recueillies dans un but lorsqu'on les sollicite plus tard pour un autre, et comment une travailleuse ou un travailleur social assume son devoir envers le tribunal et envers la communauté lorsque la pression pour réviser une opinion vient d'ailleurs. Leur rappel pour le prochain siècle de la profession : connaître l'espace dans lequel on entre avant d'y entrer, garder son devoir premier envers les communautés qu'on est appelé à servir, et être prêt à se faire congédier plutôt que d'approuver une opinion qu'on ne peut pas défendre.

 

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Le travailleur social — entretien avec Huda AdnanAndrew Eckart

 

Huda Adnan est une travailleuse sociale dont le parcours vers la profession a commencé au sein d'une famille d'aidants. Attirée par la communauté et le soutien aux autres, elle est passée directement de l'école secondaire à son programme de travail social, où, à dix-sept ans, elle était la seule femme visiblement musulmane dans la salle. Dans ces premières années, elle tentait de se fondre dans la masse et se décrivait seulement comme « Canadienne » lorsqu'on lui demandait de se situer. Puis, un jour, une jeune fille musulmane d'un programme scolaire a couru vers elle, lui a dit « tu me ressembles » et s'est accrochée à elle. Plus d'une décennie plus tard, ce moment guide encore la façon dont Huda porte son identité dans chaque espace où elle entre.

La santé mentale communautaire demeure au cœur de la pratique de Huda, même si sa carrière l'a menée du soutien aux personnes nouvellement arrivées et réfugiées au milieu sans but lucratif, puis à la consultation et, aujourd'hui, à la pratique privée. Ce virage n'avait jamais été prévu. Il est né du constat que les systèmes laissaient tomber sa clientèle racisée, noire et autochtone, et de sa décision de défendre les droits de l'intérieur, au sein des structures mêmes qui ne lui avaient pas fait de place. Au bout du compte, l'espace privé qu'elle offre aujourd'hui est né à la demande de la communauté.

Huda parle franchement de ce que signifie exercer en tant que femme musulmane racisée dans des milieux qui ne lui ressemblent pas toujours. Elle évoque les remises en question discrètes de ses titres de compétence, ainsi qu'un client qui a mis en doute son humanité à voix haute pendant que ses collègues gardaient le silence. Elle nous rappelle que l'alliance se vit dans l'action plutôt que dans les déclarations, que connaître ses droits et ses politiques est une forme de protection en soi, et que le malaise que les autres projettent a rarement quelque chose à voir avec nous. Aux étudiantes, étudiants et thérapeutes qu'elle supervise, elle répète le même conseil : bâtissez votre communauté dès le départ et ne coupez pas les ponts, car le milieu est à la fois grand et petit.

 

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Le travailleur social — entretien avec Lisa Marie PorterAndrew Eckart

Lisa Marie Porter est une travailleuse sociale dont le parcours vers la profession a commencé dès l'enfance. Ayant grandi dans un foyer marqué par la violence, la dépendance et la précarité, elle savait ce que c'était d'avoir peur et de ne pas recevoir l'aide dont elle avait besoin. Cette expérience est devenue une question qui l'a suivie toute sa vie : pourquoi la vie est-elle plus difficile pour certaines personnes, et pourquoi ce dont on ne parle pas cause-t-il si souvent le plus de tort?

Cette question l'a accompagnée pendant près de 29 ans de pratique de première ligne, de la protection de l'enfance à Calgary jusqu'à son dernier poste au sein de l'initiative Remedy en Nouvelle-Écosse, une réponse en matière de droits de la personne axée sur les personnes en situation de handicap et la désinstitutionnalisation. Lisa Marie aborde le travail social comme une pratique d'humilité. Elle terminait chaque rencontre en demandant aux gens ce qu'ils voulaient encore lui faire savoir et ce qu'elle aurait pu faire de mieux. Elle était guidée par la conviction que le but est toujours d'alléger un peu le stress plutôt que d'en ajouter.

Elle parle avec franchise du prix à payer pour prendre la parole au sein de grands systèmes. Elle ne regrette aucune des fois où elle a levé la main, seulement celles où elle ne l'a pas fait. Pour Lisa Marie, la bonté ne consiste pas à être gentille. Il s'agit de vraiment voir et entendre les gens, de les rejoindre là où ils sont et d'avoir le courage de défendre leurs droits quand ça compte, en se rappelant que l'important, ce n'est pas nous. Pour le prochain siècle du travail social, elle souhaite que l'empathie l'emporte, qu'on protège la dignité humaine, qu'on reste lié à sa communauté et qu'on ne se sente pas coupable de prendre ses journées de maladie.

 

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